Je suis passé vers la fontaine du village de Moncey (Doubs). Elle est superbement décorée pour Noël !  A coté, il y avait un panneau indiquant de travaux de voirie. Il portait le logo du village ( LIEN )portant le même nom qu'un Maréchal d'Empire ou presque... Le Maréchal Moncey.

Ce logo oublie un fait historique : le double maréchalat de ce Maréchal.

Je pense qu’il faudrait, derrière l’écu, croiser deux bâtons de maréchalat DIFFÉRENTS dans les armoiries de ce village.

Voir les armoiries du Maréchal Moncey  ( LIEN ) ainsi que les textes ci-dessous trouvés sur wikipédia démontrent la double appartenance du Maréchal Moncey, au maréchal d’Empire et au Maréchalat de la Restauration.

A noter une autre pépite historique : Il fut un temps destitué de cette distinction pour avoir refusé de présider le conseil de Guerre chargé de juger Ney.

 

Extrait de Wikipédia : 

 Le 19 mai 1804, Napoléon, devenu empereur, comprend Moncey parmi les dix-huit généraux élevés au rang de maréchaux de l'Empire. Le 2 décembre 1804, lors du sacre de Napoléon Ier, au milieu des autres maréchaux, debout sur les marches de l'autel, Moncey porte la corbeille du manteau de l’Impératrice Joséphine…. (voir tableau de David en fin d'article ou LIEN )

Nommé, en août 1815, président du conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney, il refuse cette fonction par une lettre, adressée au roi Louis XVIII, pleine de noblesse et restée célèbre :

 • « Sire,

 • Votre Majesté daignera-t-elle me permettre d'élever ma faible voix jusqu'à elle ? Sera-t-il permis à celui qui ne dévia jamais du sentier de l'honneur d'appeler l'attention de son souverain sur les dangers qui menacent sa personne et le repos de l'État ?

 • Placé dans la cruelle alternative de désobéir à Votre Majesté ou de manquer à ma conscience, j'ai dû m'expliquer à Votre Majesté ; je n'entre pas dans la question de savoir si le maréchal Ney est innocent ou coupable ; votre justice et l'équité de ses juges en répondront à la postérité, qui pèse dans la même balance les rois et les sujets… Sont-ce les alliés qui exigent que la France immole ses citoyens les plus illustres ? Mais Sire, n'y a-t-il aucun danger pour votre personne et votre dynastie à leur accorder ce sacrifice ?

 • D'abord ils se sont présentés en alliés ; mais les habitants de l'Alsace, de la Lorraine et de votre capitale même, quels noms doivent-ils leur donner ? Ils ont demandé la remise des armes. Dans les pays qu'ils occupent maintenant et dans les deux tiers de votre royaume, il ne reste pas même un fusil de chasse ! Ils ont voulu que l'armée française fût licenciée, et il ne reste plus un seul homme sous les drapeaux, pas un caisson attelé ! Il semble qu'un tel excès de condescendance a dû assouvir leur vengeance. Mais non ; ils veulent vous rendre odieux à vos sujets en faisant tomber, soit parmi les maréchaux, soit dans les armées, les têtes de ceux dont ils ne peuvent prononcer le nom sans rappeler leur humiliation.

• Ma vie, ma fortune, tout ce que j'ai de plus cher est à mon pays et à mon roi ; mais mon honneur est à moi ; aucune puissance humaine ne peut me le ravir.

• Qui, moi ! j'irais prononcer sur le sort du maréchal Ney ! Mais, Sire, permettez-moi de le demander à Votre Majesté, où étaient les accusateurs tandis que Ney parcourait les champs de bataille ? Ah ! si la Russie et les alliés ne peuvent pardonner au vainqueur de la Moskowa, la France peut-elle oublier le héros de la Bérésina ?

• Et j'enverrais à la mort celui auquel tant de Français doivent la vie, tant de familles leurs fils, leurs époux, leurs parents ! Réfléchissez-y, Sire ; c'est peut-être pour la dernière fois que la vérité parvient jusqu'à votre trône ; il est bien dangereux, bien impolitique, de pousser des braves au désespoir.

• Ah ! peut-être si le malheureux Ney avait fait à Waterloo ce qu'il fit tant de fois ailleurs, peut-être ne serait-il point traîné devant une commission militaire. Peut-être ceux qui demandent aujourd'hui sa mort imploreraient sa protection […] »

 Ce refus le fait destituer de sa dignité de maréchal, par ordonnance royale du 29 août 1815 de la même année, et il est en même temps envoyé pour trois mois aux arrêts à la forteresse de Ham. Là, la tragédie tourne à la farce. Le commandant prussien du fort de Ham refuse d’emprisonner un maréchal d’Empire. Qu’à cela ne tienne, Moncey loue une chambre à l’auberge située en face de la citadelle. Et chaque soir, sur ordre des officiers prussiens, la troupe… lui donnait l’aubade !

 Éloigné du pouvoir, rejeté par les royalistes, il reste sans emploi. Il vit dans son château de Baillon près de Luzarches. D'après la Biographie universelle ancienne et moderne, la volonté royale n'a eu aucune part à la condamnation de Ney, car aussitôt que le mouvement de réaction et d'orage est passé, le roi se hâte de rendre toute sa faveur à Moncey.

 Remis en grâce auprès du roi le 5 mars 1816, il est réintégré dans le titre de son duché. Moncey prête serment entre les mains du roi, en qualité de maréchal de France le 14 juillet 1816.

David-Moncey au sacre Napoleon

 

LOGO DE MONCEY :

moncey village